c’est à désespérer plus d’un mouton

C’est à désespérer plus d’un mouton

par Ettougourti Mohamed Ali

Aujourd’hui c’est la fête du mouton ou la fête du sacrifice connue comme étant la fête de l’Aid El Kébir par opposition à l’Aid Esseghir…

Des millions de moutons seront égorgés avant le lever du soleil.

Pour nous les humains, les musulmans,  c’est  l’occasion par an de donner libre cours à nos pulsions meurtrières et sadiques.

Combien de crimes, d’assassinats, de meurtres sont ainsi évités ?

Aucune statistique sérieuse ne le dira, ne pourra prouver les retombées bénéfiques de l’Aid sur la paix sociale. Moi j’en reste pour ma part bien convaincu.

Evidemment la fête de l’Aid ne peut rien contre les guerres et autres horreurs dont seuls les humains  sont capables.

La pauvre bête, le mouton, elle n’est pour rien dans tout ça.

Si nous voulons faire la paix entre nous les humains, c’est bien notre affaire. Nous devons laisser les autres créatures en paix. Une vie est une vie, et  le mouton   lui aussi a le droit de vivre.

il a le droit de vivre d’autant plus que c’est une bête gentille, douce, victime de loups et autres prédateurs elle ne fait de mal à personne. Elle est presque sans défense. Ses cornes aussi développées qu’elles puissent  l’être, ne lui sont, malheureusement pour elle,  pas de grand secours.

Ce n’est pas BB qui me contredirait la dessus. Elle qui à chaque fête de l’Aid ne manque pas d’exprimer toute sa haine et son mépris contre les musulmans…Occultant le fait que des millions de têtes de vaches, de veaux, de taureaux , de cochons, de poules, de coqs, de lapins, et même des chats, des rats, des serpents,   sont abattues chaque jour  que dieu fait pour satisfaire les besoins en protéines des humains.

Pour revenir à nos moutons, à bien y réfléchir, une vie de mouton n’est pas tout aussi mauvaise.  Bien d’humains peuvent l’envier.

Voilà une bête qui vit toute l’année, blanchie, nourrie, entretenue, bien choyée. Toujours flanquée d’un garde-corps patenté, le berger, notre bête est bien protégée contre les attaques des prédateurs et autres agresseurs indésirables. Foin, eau, et sexe à volonté, la vie d’un mouton ressemble à celle d’un riche rentier humain.

Toute une semaine avant le jour fatidique, notre mouton fait l’objet d’attentions de toute part: Grands et petits. Ces derniers s’attachent souvent à la bête.

Le jour de l’Aid ils sont partagés entre des sentiments mitigés :              la joie et le bonheur des retrouvailles familiales autour de banquets et d’une nourriture abondante , mais aussi déchirement et   tristesse pour avoir perdu un compagnon aussi doux et aussi attachant qu’est le mouton de l’Aid.

On prendra soin le jour de l’Aid que le sacrifice de notre cher mouton, que sa mort, soit la plus douce et la plus indolore possible. On pousse avant l’acte fatidique des « Allah est grands », souvent on récitera des versets coraniques.

En somme c’est pour notre mouton une belle mort.

Certains humains meurent esseulés, dans l’anonymat et la misère autant physique que morale.

Des humains meurent dans des accidents stupides ou victimes d’actes terroristes barbares.

Des humains souffriront le martyr  pendant de longs mois et de longues années avant de rendre l’âme au point que l’on songe en les voyant à légaliser l’euthanasie. Certains pays l’on déjà fait.

Rien de tel pour notre agneau il meurt d’une belle mort, violente certes   mais assez rapide et ne souffre pratiquement que quelques minutes…

Alors la fête du sacrifice, c’est quoi ?

Nous sacrifions le mouton pour ne pas nous entretuer, pour éviter de tuer les êtres qui nous sont beaucoup plus chers, nos enfants, nos femmes, nos époux, nos frères et sœurs, nos compatriotes, nos coreligionnaires, nos semblables.

La seule créature qui se sacrifie pour que l’on apprenne à nous aimer les uns et les autres est enfin de compte le mouton de l’Aid.

Mais depuis que dieu a créé l’homme,   depuis que la fête de l’Aid se perpétue, nous nous nous entretuons ..et toujours de  plus belle.

C’est à désespérer plus d’un mouton qui voit ainsi ses sacrifices vains et sans effets devant les pulsions meurtrières des humains jamais satisfaites.

Bonne fête.