Pourquoi j’ai voté Kaies Saied

pourquoi j’ai voté Kaies Saied

par Ettougourti Mohamed Ali


Dés le début de la campagne ma décision fut prise: je ne voterai pour aucun des candidats ayant participé de prés ou de loin, à quel titre que ce soit, à la gestion de la chose publique.

La classe politique tunisienne toutes tendances confondues a beaucoup déçu les tunisiens, moi compris.

Elle nous a fait perdre cinq belles années de notre vie.

Elle a vite fait d’exclure le bon peuple du pouvoir.
Très vite les décisions au parlement sont prises à huis clos, les débats étaient pour la galerie, la commission de conciliation joue désormais le rôle d’une chambre de compensations, ou tous les arrangements, les compromis et les compromissions se déroulent hors de tout contrôle et à l’abri des regards.

Le président de la république feu Beji caid essebssi s’est trouvé vite coupé du reste du peuple, entouré par des courtisans et des courtisanes. Les membres de sa famille ont contribué encore plus à l’isoler et à faire le vide autour de lui.

La classe politique a cherché à diviser le bon peuple et à provoquer les clivages en soulevant des problèmes identitaires relevant des croyances et des libertés individuelles, sans intérêt pour le pays….

C’est pour toutes ces raisons que j’en voulais à tous les politiciens toutes tendances confondues.

Une fois les candidats ayant appartenu à la classe politique exclus le choix devient beaucoup plus facile à faire.

Il y’a l’incorruptible Abou mais il a eu le tort de remettre sur le tapis encore une fois le problème de l’héritage.

On n’est donc pas assurément sorti de l’auberge…

Il y’a l’intellectuel et l’écrivain Safi Said mais l’homme s’emporte souvent et résiste tés peu à la provocation.

Une certaine maturité manque à notre jeune et sympathique seif eddine makhlouf .

Notre malin Robin des bois a sans doute bénéficié d’un élan de sympathie suite à « l’agressivité » dont il a fait l’objet de la part d’une justice qui s’est trouvée encore une fois en porte à faux.

Le bon peuple, au nom duquel elle a prononcé le mandat de dépôt vient de lui infliger un cinglant désaveu. Il tient à La présomption d’innocence et à l’impartialité et l’indépendance de la justice.

Bien que le vote de certains pour Nabil Karoui n’ait certainement pas été motivé par le seul respect de tels nobles principes.

Abir Moussi nous offre la sécurité.

Une campagne fut lancée pour dénoncer l’insécurité et la recrudescence des braquages..
Des faits divers, parfois même créés de toutes pièces, ont été à dessein exploités pour soutenir l’avènement d’un régime fort et inciter les électeurs à choisir Moussi.

Mais Abir ne nous offre pas plus que ça.

Au contraire elle nous fait craindre le retour de l’ancienne oligarchie.

Elle n’a rien à nous offrir de plus , sauf sa féminité, j’aurais préféré plutôt voir…Samia Abou ou Radhia Nasraoui dans la course.

tous ces candidats exclus le choix de Kaies Said s’est imposé à moi comme une évidence.

je crois l’homme sincère, honnête et proche du peuple.
Je crois que nous avons besoin d’un sang neuf. D’une vision nouvelle.

La bonne nouvelle est que le bon peuple ait opté pour le renouveau, pour l’avenir et n’a pas été tenté par un simple retour à la dictature…

La bonne nouvelle est que les problèmes identitaires et personnels relevant des libertés individuelles ne sont plus de mise et nous l’espérons ne pourront plus diviser le bon peuple.

La bonne nouvelle est que les gens ont choisi d’aller de l’avant, de s’attaquer aux problèmes réels et  de se libérer des diktats des faiseurs de rois et des lobbys internes / externes.

La bonne nouvelle est que les considérations régionalistes semblent avoir disparu ou du moins perdu de leur intensité.

Maintenant que le vin est tiré et en attendant la confirmation officielle de toutes ces bonnes nouvelles nous devons nous atteler à la nouvelle tâche celle d’élire un nouveau parlement, flamboyant neuf qui travaillerait main dans la main avec le nouveau président pour le bien du pays.

Nous espérons voir une volonté réelle de lutter contre la corruption.
Nous espérons voir une meilleure gestion des deniers publics. Plusieurs privilèges et autres avantages doivent être revus, réexaminés, et abolis.

Nous devons mener une politique selon nos moyens et l’état de nos finances.

Nous devons nous intéresser encore plus à nos jeunes qui soit dit en passant ont eu le tort de boycotter les élections.

Heureusement pour eux que leurs aînés aient pu faire, nous l’espérons, le bon choix.

Nous revenons de loin, nous avons frôlé la catastrophe de peu, restons vigilants.

Rien n’est encore joué.