Qui doit présider la commission des femmes

Qui doit présider la commission des femmes en Tunisie?

par Ettougourti Mohamed Ali

kahina

Anglais

Le problème ne doit pas se poser d’un point de vue juridique. Il est évident que la commission doit obéir à certaines dispositions règlementant l’élection de ses organes internes y compris l’élection du président.

Le problème ne doit pas se poser non plus d’un point de vue politique : l’équilibre de forces politiques au sein de la commission commande et détermine la désignation du président selon les accords déclarés et secrets passés entre les différentes forces en présence.

Le problème se pose surtout d’un point de vue sociologique, social, il se pose en termes de représentativité et non pas en termes de représentation.
La question est : Quelle femme est la plus représentative de La Femme Tunisienne ?

La politique veut que la femme du président soit la femme la plus représentative des femmes du pays : à l’instar de son mari first sir et premier monsieur, elle est la First lady et la première dame du pays. Ce n’est évidemment que pure fiction.

L’on peut songer à des femmes tunisiennes qui ont forcé le respect par leur courage et leur détermination en tenant tête au dictateur, en luttant pour les droits de l’homme et surtout pour les droits de la femme. Je ne citerais personne de peur de fauter par omission : Elles méritent toutes d’être citées et j’en compte parmi elles plusieurs de mes amies.

L’on peut songer à des femmes d’affaires qui ont su par leur talent et leur savoir-faire constituer ou gérer des fortunes colossales, mener à bien des projets aussi rentables pour elles que pour le pays.

L’on peut songer aussi à des femmes de lettres, aux femmes artistes, aux femmes dramaturges, aux femmes cinéastes, aux blogueuses, aux femmes pilotes, aux femmes juges, aux avocates, aux femmes médecins, aux femmes ingénieurs, aux informaticiennes, aux chimistes, etc…des femmes talentueuses il y en a dans le pays.

Pour moi, je reste convaincu que la femme la plus représentative de la femme tunisienne est surtout une femme de fiction : Un prototype produit de notre imagination loin des stéréotypes véhiculé par les médias et les politiciens.

Dans l’imaginaire on trouve certes l’irréel, le fantastique, le chimérique, mais on trouve aussi le fabuleux, le légendaire, l’utopique.

Dans ce monde imaginaire fictif, mais non moins effectif, l’on trouve des personnages féminins qui ont été adoptés et plébiscités par le grand public comme représentatives de la femme tunisienne, surtout tunisoise ou de façon générale de la femme citadine : je songe au personnage d’ommi traki joué par feue Zohra Faiza et à d’autres personnages, bien que multiples ils renvoient toujours à un seul prototype, joués par la sublime Mouna Nourreddine.

Tous ces personnages féminins bien que fictifs ils ne sont pas moins représentatifs de la femme tunisienne.         

 Il en ressort de ces personnages une image unique : La femme tunisienne est surtout la « mamma », la mère méditerranéenne. Femme couvant ses enfants, commandant tout le monde, mari, frères, enfants et petits-enfants, chef de famille, chef de clan, elle veille aux grains, défend sa famille bec et ongles, toutes griffes dehors, vénérée, respectée par tous et par toutes.

Ce n’est certes pas par pur hasard que ce fut une femme, Damya ou encore plus connue sous le nom de kahina,  qui résista aux omeyyades dans leur conquête de l’Afrique du nord, et non pas un homme.
Kahina est le côté positif de notre Ommi Traki elle défend tout le pays, elle est au service de la patrie et non pas au seul service d’une famille ou d’un clan, elle fut la « mamma » de tout un pays. 

Plus proche de nous Leila Ben Ali elle aussi, a succombé au rôle d’Ommi Traki. Autoritaire, défendant son clan, soumettant tout le monde, mari, frères, sœurs, neveux, nièces, brus et gendres à son autorité. Chef incontesté de famille et du clan et même du pays tout entier. Elle est toutefois le négatif d’ommi traki ayant servi un seul clan, une seule famille, ne reculant devant rien pour satisfaire une voracité insatiable.

Une « mamma » à la tête de la commission des femmes ? 
Pourquoi pas il n’y a qu’à fermer les yeux et imaginer le reste. Si notre prototype de femme n’est pas instruit il est toutefois drôlement cultivé. Il force le respect de par son autorité toute naturelle et de par son dévouement au service de tous et de toutes.

La présidente de la commission des femmes qu'elle porte le voile intégral ou la micro jupe finira par immanquablement par s'identifier à Ommi Traki, elle fera certainement du bon boulot à condition qu’elle reste une belle âme: « ness m’lah ».