ce qu’on cache aux tunisiennes !

Ce qu’on l’on cache  aux Tunisiennes…

Par  Ettougourti Mohamed Ali

Une tunisienne peut-elle épouser un non musulman ?

La question a longtemps opposé les juristes tunisiens. Sur les bancs de la faculté les étudiants de droit ne peuvent pas rater le célèbre arrêt « Houria ».  Les faits parlent d’une tunisienne qui a épousé un non musulman. La question qui se posait était la suivante : une musulmane ayant épousé un non musulman  a –t-elle le droit d’hériter d’un musulman ?

Certains avancent, les plus intéressés, pécuniairement parlant, qu’ayant épousé   un non musulman   la femme a tourné le dos à la « oumma »,  et que de ce fait ayant commis un acte d’apostasie manifeste elle ne peut hériter d’un musulman fut-ce-t-il son propre géniteur !!

Evidemment vous l’avez deviné il s’agit comme souvent est le cas d’une question de sous.

La religion est prise comme prétexte.

De là à croire que les interprétations de la loi religieuse, obéit beaucoup plus aux impératifs purement terre à terre, d’ici-bas,  plus qu’au souci déclaré de respecter l’esprit et la lettre des prescriptions coraniques et du « hadith », il n’y a qu’un pas.

L’homme musulman ayant épousé une non musulmane ne commet pour sa part aucun acte d’apostasie.  Il reste dans l’Oumma !!

 Première hypocrisie qui sera suivie par une autre série d’actes tout aussi hypocrites les uns que les autres.

Petit pays, souvent en difficultés de trésorerie, la Tunisie depuis l’indépendance n’hésite malheureusement pas à monnayer ses prises de positions en faveur ou contre certains droits de la  femme en faisant les yeux doux aux différents  donateurs d’idéologies politiques divergentes car comme vous le savez déjà : rien pour rien, surtout pas les dons.

Ainsi notre pays s’est-il vu « contraint », « poussé », « encouragé », à ratifier les fameuses conventions de New-York sur la liberté de la femme d’épouser la personne qu’elle veut sans tenir compte des différences de race ou de …religion.

Deuxième hypocrisie donc.

Tiraillée entre l’orient et l’occident. Ballottée, entre les frères arabes et musulmans, et les amis occidentaux, craignant la réaction hostile des pays musulmans, la Tunisie a trouvé, l’astuce pour concilier le chou, la chèvre et… le loup.

 Pour annuler toutes les conséquences de la ratification de la convention de New-York qui a pourtant une valeur légale supérieure à la loi,  qu’à cela ne tienne ! Une simple circulaire administrative interdit aux officiers publics et   « Adouls », notaires, de célébrer les mariages contractés par une tunisienne musulmane avec un non musulman.

Ainsi la Tunisie satisfait tout le monde. Légalement la femme tunisienne peut épouser un non musulman mais ne trouvera aucun officier public pour célébrer le mariage !

Troisième hypocrisie donc.

Mais Les futurs époux tiennent à leur bonheur.  La femme tunisienne ayant épousé un nom musulman, souvent étranger,  tient le plus souvent coûte que coûte à célébrer son mariage dans son pays natal, parmi les siens. C’est naturel et de son droit le plus absolu..

 Qu’à cela ne tienne encore une fois. La solution est vite trouvée. L’époux  non-musulman se convertit, pour les besoins de la cause  et pour les beaux yeux de sa dulcinée, à l’islam,  obtient de ce fait une attestation en bonne et due forme du grand mufti. abracadabra    le tour est joué.

Bien sûr personne n’est dupe, sauf peut-être le grand mufti, l’on sait tous que dans la majorité des cas la conversion à l’islam n’est qu’un pur simulacre. Aucun jurisconsulte musulman digne de ce nom ne peut l’accepter mais personne ne s’en soucie outre mesure…

Une autre hypocrisie donc.

Récemment l’administration annonce le retrait de la fameuse circulaire interdisant aux officiers publics de célébrer les mariages entre une femme tunisienne et un non musulman.

Enfin !  peut-on dire.

Mais là aussi la question se pose pourquoi maintenant ?

Force est de reconnaitre que les droits de la femme sont le  fonds de commerce  de certains de nos politiciens. Ils  ne sont pas moins blâmable de ce fait que ceux qui à leur tour font de la religion leur fonds de commerce…Tous  cherchent à berner une frange de l’opinion publique locale et étrangère.  

Des politiciens qui se soucient des droits de la femme comme de leurs premières chaussettes se découvrent soudain une âme de défenseur des droits de la femme et des conventions internationales.

Ultime hypocrisie mais serait-elle la dernière ?

Le retrait de la circulaire administrative n’aura aucun ou très peu d’effets sur la pratique des conversions bidons, puisque la femme tunisienne subira toujours la pression familiale et celle de la société et se croira toujours contrainte à justifier son acte en exhibant le fameux certificat de conversion baptisé par les initiés certificat d’islam.

Le retrait de la circulaire administrative n’aura aucun ou très peu d’effet sur la situation sociale catastrophique de la jeunesse tunisienne condamnée à l’exil, éparpillée dans les quatre coins du monde à cause de mauvais choix politiques et de mauvaises politiques économiques.

Notre jeunesse   se voit ainsi contrainte pour certains des deux sexes à contracter des mariages blancs, gris, et lors desquels le plus souvent ils, en voient de toutes les couleurs, pour obtenir les fameux papiers.

Ceux qui défendent les droits de la femme tunisienne doivent penser d’abord et surtout à fixer notre jeunesse dans leur pays et dans leurs régions à assurer les conditions minimales sans lesquelles aucun jeune, garçon ou fille, ne peut s’épanouir, produire, procréer, vivre…

Mais c’est là une tâche   beaucoup plus compliquée pour nos politiciens. Retirer une circulaire est beaucoup plus facile à faire, prend moins de temps et fait beaucoup plus de bruit…

Discours hypocrite dans un monde d’hypocrites !

Pour reprendre la fameuse citation d’Alfred Auguste Pivaloine «ce qu’on l’on cache aux hommes on ne peut le cacher à Dieu, voilà la misère de l’hypocrite ».

Je dirais « ce qu’on l’on cache aux femmes on ne peut le cacher au peuple, voilà la misère de nos certains de nos politiciens hypocrites».