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Le prophète magnanime, pardonnait à ses détracteurs

Le prophète magnanime, pardonnait à ses détracteurs

par Ettougourti Mohamed Ali
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L’hebdo Charlie était-il dans son droit lorsqu’il a repris les caricatures incriminées ?
Les caricaturistes méritent-ils la mort ?

Nous connaissons tous l’obstination des dirigeants français de l’époque. Ils ont refusé toute action pour empêcher la publication des caricatures. La France invoquait et invoque la sacro-sainte liberté d’expression. Une liberté absolue, sans limites, quitte à blesser des centaines de millions de croyants musulmans.

Nous n’acceptons pas les justifications françaises mais nous pouvons comprendre que la vérité en deçà des Pyrénées peut-être une erreur au-delà.

La France ne montre pas le même attachement au principe de la liberté d’expression, et la même fermeté à la défendre dans d’autres occasions, lorsque certains mettent en question la réalité de l’holocauste, par exemple.
Deux poids, deux mesures ? Surement.

 Nous ne comprenons pas la position française, mais nous comprenons que la duplicité, le double langage, n’est pas à vrai dire une pure invention française.

Dans la longue histoire des musulmans, les caricaturistes de Charlie n’étaient pas les premiers à se moquer du prophète. 

Méritent-ils la mort ? que dit la Charia ?

Les savants musulmans font logiquement la distinction entre deux situations : 
-La première lorsque les auteurs de la satire se moqueraient du prophète, simple homme parmi les humains.
-La deuxième lorsque les auteurs de la satire viseraient le  prophète en sa qualité de messager de dieu.
Curieusement, Il est  admis que se moquer du prophète en sa qualité de messager de dieu est une affaire de croyance et de foi. L’auteur de la satire n’a en principe de compte à rendre que par devant dieu. Aucun châtiment ni de peine sont prévues ici-bas.

Pour ceux qui viseraient le prophète, homme parmi les humains, les savants s’accordent à dire que l'affaire ne concerne que le prophète, que c’est une affaire d’ordre privé en quelque sorte. 
Il revient au prophète, et à lui seul de pardonner ou de poursuivre les auteurs de la satire.

 A chaque fois, le prophète, qui a fait de son vivant l’objet de plusieurs satires, a choisi de pardonner et de ne rien faire.

Comment est-on donc arrivé à cette fatwa qui veut que l’auteur des satires contre le prophète mériterait la mort ?
  
N’est-il pas du devoir du bon musulman de suivre l’exemple du prophète ? 

Ceux qui se prononcent pour la peine capitale justifient leur sentence par cette logique aberrante :
Si le prophète ne poursuivait pas ses détracteurs et choisissait de pardonner c’est parce qu’il était précisément prophète, magnanime et bienveillant. 
Libre au prophète  de son vivant de pardonner. Une fois mort, l’action est héritée en quelque sorte par tous les musulmans. Il leur incombe d’agir et de défendre l’honneur bafoué du prophète en tuant l’auteur des satires.

Peut-on cautionner une telle logique ? 
Pour ma part je continuerais à croire que tout bon musulman doit suivre l’exemple historiquement établi du prophète et lui ressembler dans sa magnanimité et sa bienveillance.
 L’attentat contre Charlie Hebdo est un attentat politique et n’a rien de religieux.