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Attention un gay peut en cacher un autre

Attention un gay peut en cacher un autre !
par Ettougourti Mohamed Ali

escoc prof

anglais

Un juge est tenu d’appliquer la loi même contre sa propre volonté et contre ses propres convictions ? 
Pas toujours vrai. Difficile en effet de ne pas trouver une empreinte personnelle dans les décisions des juges et Dans leurs actes. Parfois la décision du juge, son comportement, trahissent l’homme derrière la robe, révèlent la personne derrière l’uniforme, l’habit ne fait pas le moine effectivement.
 
Mes vieux confrères, mes consœurs anciennes dans le métier mais qui sont restées aussi belles et attirantes, se souviennent peut-être d’un ancien juge président de la chambre correctionnelle, qui dans son temps, jouait la terreur des escrocs, des arnaqueurs et autres criminels en col blanc.

Nous nous doutions, avocats et juges, devant son extrême sévérité et sa hargne qu’il ne fût la victime innocente d’une quelconque escroquerie et autres entourloupes. J’avais Moi-même cette conviction.
Jusqu’à ce jour, où l’ayant croisé dans les couloirs du palais de justice, et alors que j’ai déjà quitté la magistrature pour le barreau, il m’entraina dans son bureau pour me faire une proposition plutôt surprenante.

Notre juge serait propriétaire d’un fonds de commerce bien situé, pignon sur rue, forte clientèle, bon achalandage, droit au bail garanti, loyer modique. Une affaire juteuse qu’il tenait, son statut du juge ne lui permettant pas de faire du commerce, à me la refiler, à moi et à personne d’autre, pour un prix modique, presque symbolique.

Bien que flatté et un peu appâté par l’offre j’ai demandé à savoir plus. Un autre ami juge digne de confiance et aux faits des petites histoires du palais finit par éclairer ma lanterne : Notre juge, ennemi juré des escrocs, était lui-même un escroc bien futé, il ne totalisait pas moins de douze plaintes déposées contre lui pour escroqueries diverses. Si l’on savait rien de ses activités illégales, c’est parce que toutes les plaintes furent classées les unes après les autres sans suite par un ministère public tout magnanime, bienveillant, clément et compréhensif.    Notre juge a flairé en moi le pigeon idéal. Il s’apprêtait à me plumer.

 La sévérité de notre juge n’était donc qu’un simple subterfuge, un simple stratagème, des manœuvres frauduleuses dans le jargon juridique, pour renforcer, gagner encore plus la confiance du public et de ses prochaines victimes. Derrière La sévérité apparente du juge se cache une âme tourmentée qui cherche à se défende contre ses propres pulsions perverses.

Qu’un étudiant suspect dans une affaire de meurtre préfère faire son coming out au poste de police, supplie les policiers d’inspecter son anus pour prouver sa bonne foi, L’on peut comprendre surtout si le coming out est la seule voie qui reste au suspect pour se disculper, mais que le ministère public à l’occasion, ordonne des poursuites pénales, que le juge prononce une condamnation de prison ferme pour délit d’homosexualité, voilà un excès de zèle tout à fait inhabituel.

Car vous vous en doutez bien, ce n’est pas la première fois qu’à l’occasion d’affaires banales pénales ou civiles que l’on découvre des faits avérés et prouvés établissant de façon certaine l’existence de rapports homosexuels entre personnes majeures et consentantes. Très rare par contre les cas où des poursuites furent engagées, où des condamnations furent prononcées.

Je me rappelle qu’il m’a été donné de traiter d’une affaire de divorce où il était question d’homosexualité. Une mère de deux enfants, bonne épouse, sans histoires, jusqu’à ce jour où sans crier gare elle tombe follement amoureuse d’une autre…femme. 

Le mari n’a rien compris à ce qui lui arrivait mais les lettres échangées entre les deux amoureuses étaient bien explicites et ne lui laissèrent aucun doute possible.
 Il finit par demander le divorce pour préjudice aux torts et aux dépens de l’épouse. J’ai eu le mauvais rôle de représenter le mari. 

La femme assignée reconnait les faits, les assume, et fait même son coming out en pleine audience au grand dam de madame la juge : Elle laisse apparaître subitement ses seins, toisa la présidente en lui disant : « regardez, je suis femme et j’aime les femmes ».
Le divorce fut prononcé aux torts de l’épouse, elle a été certes privée de la garde des enfants, mais sans être inquiétée outre mesure. 

Ne faisons pas donc de la condamnation de l’étudiant homosexuel toute une histoire car dans bien des cas, à l’instar de notre juge terreur des escrocs, un homosexuel peut tout simplement en cacher un autre.